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On ne nous soigne pas : les faux médicaments tuent en silence

26 Juillet 2021, 14:24pm

Publié par Dr DIOUF Abdourahmane

On ne nous soigne pas : les faux médicaments tuent en silence

 

Si certains responsables de la Douane sénégalaise estiment que les produits saisis sont uniquement utilisés dans le domaine médical, il n’en demeure pas moins qu’ils affirment urbi orbi qu’ils ne sont pas à proprement parler des médicaments. Mais diantre de qui se moquent-on ?

Les importations frauduleuses de Dahaico Sarl, l’entreprise ayant introduit de manière illicite des médicaments ou « dispositifs médicaux » dans le territoire national, n’est que l’arbre qui cache la forêt. La mise en scène de la saisie de ces produits dits « faux » médicaments que les autorités nous ont servi n’est pas un Scoop, car les autorités connaissent tous les coins et recoins qui vendent des faux médicaments, mais préfèrent fermer volontairement leurs yeux.  Si cette histoire de « faux » médicament est vraie, on ne peut qu’applaudir, mais les autorités doivent de surcroît étendre leur champ de saisie sur les autres bazars qui ne sont pas habilités à vendre des médicaments dont la qualité en matière de traçage est grossièrement douteuse.

Si l’agence qui est destiné à renforcer la sécurité de la chaîne pharmaceutique et la prévention des contrefaçons peine à faire sa besogne, il est du ressort des pouvoirs publics de stopper cette tuerie rampante et criminelle à cause des dégâts non-élucidés liés à ces médicaments frauduleux que l’on vend partout (Stoppage, Niokett, Nirupquin entre autres) et qui écourtent la vie des sénégalais. Au lieu de soigner, les médicaments frauduleux peuvent en réalité être dangereux pour diverses raisons. Souvent ces produits sont falsifiés ou à l’étiquetage délibérément trompeur- périmés ou encore ces médicaments illicites ne contiennent pas la bonne quantité de substance active – c’est-à-dire trop, trop peu ou pas du tout. Selon certaines recherches, les faux médicaments renferment d’habitude de l’arsenic, du raticide, du mercure ou du ciment. L’Etat doit se réveiller de sa léthargie chronique et veiller à ce que les médicaments qui rentrent au Sénégal proviennent d’une source réglementée.

On se rappelle du sieur Mamadou Wouri Diallo, un trafiquant de faux médicaments d’origine guinéenne, gracié par le président Macky Sall le 4 avril 2019, alors qu’il a été jugé en première instance et condamné, le 4 décembre 2018, à 5 ans de prison et à une amende de 200 millions de Fcfa.  Ironie de l’affaire pour ne pas dire ironie du sort, le même président s’est pointé à Lomé le 2 février au Sommet international contre le trafic des médicaments falsifiés. Néanmoins, il ne faudra pas compter sur l’aide de la Cour d’appel de Thiès, qui ignore ou semble refuser le décret de grâce présidentiel et lance un mandat d’arrêt international contre grand trafiquant de médicaments falsifiés. Cette petite « Power Struggle » doit sonner le glas de la séparation des pouvoirs entre l’Exécutif et le Judiciaire afin que le pouvoir éléphantesque du Président soit contrebalancé, à l’image d’un « Check and Balances » étatsuniens.

Les faux médicaments Description : 💊apparaissant comme un tueur lent et rampant au Sénégal, plus dangereux que le Corona virus car ses effets sur l’organisme sont dévastateurs à la longue mortifères. Qu’attend l’État pour mettre de l’ordre dans le secteur de l’importation des produits médicamenteux ? L’État doit faire un grand toilettage dans le giron de la Douane, des pharmaciens et des importateurs dans le but d’assainir ce triple secteur. La santé des sénégalais doit prévaloir au détriment des intérêts matérialistes et cupides des individus sans foi ni loi.

Comment des importateurs véreux avec la complicité de pseudo-pharmaciens dont leur rôle est important dans l’information, la prévention et le dépistage des maladies, puissent s’adonner vaille que vaille à une pratique illégale et homicide pour s’enrichir criminellement sur le dos des malades et provoquer volontairement la mort programmée de tout un peuple.

Si on peut se procurer des médicaments sans ordonnance, il reste à voir qu’une des missions foncières du pharmacien est illégalement dévoyée. Ce dysfonctionnement peut ne pas surprendre des masses dans la mesure où l’entrée des faux médicaments est souvent douteuse, c’est ce qui soulève la responsabilité de la Douane qui semble faillir à sa mission de contrôle et de vérification de tous les flux humains et de marchandises selon le cadre fixé par la loi. Y’aurait-il complicité ou connivence entre des agents de la Douane, des importateurs véreux et la Direction de la pharmacie ?

La succession de ces affaires de médicaments illicites portent à le croire. La contrefaçon de médicaments est une atteinte grave à la santé publique, par conséquent, il est de la responsabilité de chaque sénégalais de dénoncer ce trafic illicite et de veiller également à sa santé- ma santé d’abord.

A bon entendeur salut

ARD

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